Le gouvernement du Québec a récemment dévoilé le nouveau Plan d’action gouvernemental 2026-2031 de la Stratégie nationale de prévention en santé. À plusieurs égards, ce document marque un changement de cap important dans la façon de concevoir les enjeux de santé et de bien-être collectif – un virage attendu depuis longtemps en prévention et en qualité des milieux de vie.
Depuis des décennies, les interventions publiques se sont surtout concentrées sur la gestion des conséquences : soins, urgences, hospitalisations, hébergement et interventions ponctuelles. Malgré les efforts considérables investis, les constats demeurent préoccupants : augmentation des problèmes de santé mentale, isolement social croissant, pression grandissante sur les services, vieillissement accéléré de la population, crise du logement et perte de cohésion dans plusieurs communautés.

Ce nouveau plan d’action reconnaît enfin plus clairement une réalité de plus en plus difficile à ignorer : la santé des populations ne se joue pas uniquement dans les hôpitaux et les cliniques. Elle se construit d’abord dans les milieux de vie.
Le document gouvernemental met ainsi l’accent sur des dimensions longtemps sous-estimées :
- la qualité des environnements de vie;
- le logement;
- les liens sociaux;
- le sentiment d’appartenance;
- l’inclusion;
- la participation citoyenne;
- la proximité des services;
- les espaces collectifs;
- la prévention de l’isolement;
- le maintien de l’autonomie.
Ce virage rejoint directement plusieurs réflexions portées depuis des années dans le cadre
du projet de Serviloge à la Maison mère des Sœurs du Saint-Rosaire.
Dès le départ, le projet de Serviloge s’est développé autour d’une conviction simple : construire des logements ne sera pas suffisant pour répondre aux défis sociaux contemporains. Les besoins actuels exigent des approches plus humaines, intégrées et enracinées dans les communautés.
C’est dans cette perspective que le projet de Serviloge cherche à créer un véritable milieu de vie où l’habitation, les services, les espaces communautaires, la culture, le patrimoine, les liens intergénérationnels et les initiatives de proximité contribuent ensemble au mieux-être collectif.
Le site accueille déjà plusieurs composantes qui participent à cette dynamique : logements sociaux et abordables, centre de la petite enfance, espaces collectifs, infrastructures de soins, espaces verts et environnement patrimonial porteur de mémoire et d’identité.
Dans un contexte où le vieillissement de la population s’accélère et où l’isolement social devient un enjeu majeur de santé publique, plusieurs acteurs reconnaissent désormais que les approches traditionnelles montrent leurs limites. Les modèles trop fragmentés, centrés uniquement sur les interventions curatives ou institutionnelles, peinent à répondre à la complexité des réalités humaines et sociales actuelles.
Le nouveau Plan d’action gouvernemental reflète justement cette prise de conscience grandissante. Il insiste notamment sur l’importance :
- de développer des communautés plus inclusives et résilientes;
- de favoriser le maintien de l’autonomie dans des environnements adaptés;
- de renforcer les liens sociaux;
- d’agir davantage en prévention;
- de rapprocher les secteurs de la santé, du communautaire, du logement, de la
culture et du milieu municipal.
Ces orientations rejoignent plusieurs initiatives déjà présentes ou en développement à la Maison mère, notamment en matière de vie communautaire, d’activités intergénérationnelles, d’accompagnement social, de culture, de patrimoine vivant et de soutien aux personnes plus vulnérables.
Au-delà des programmes et des infrastructures, ce changement de vision traduit peut-être quelque chose de plus fondamental : la reconnaissance que les humains ont besoin de milieux de vie significatifs, de proximité, de solidarité et de relations humaines pour bien vivre et vieillir.
Dans cette optique, les projets capables de réunir habitation, communauté, culture, soutien et participation sociale apparaissent de plus en plus comme des leviers essentiels pour répondre durablement aux grands défis sociaux, démographiques et humains des prochaines années.
