Position officielle de Cédric Gauthier (PCQ, Rimouski) – Requalification de la Maison mère

Depuis le début de la campagne, j’ai rencontré plusieurs organismes du milieu, et j’en tire toujours le même constat : notre force, c’est la mise en commun. Chacun fait un travail remarquable dans son créneau :

  • l’Office d’habitation Rimouski-Neigette, dont Serviloge est issu, offre du logement aux aînés et aux ménages à revenu modeste
  • Coup de Main à Domicile les aide à rester chez eux
  • l’Ébénisterie communautaire, fondée par des aînés pour des aînés, brise l’isolement et met leur savoir-faire au service des organismes du milieu.

Vos objectifs rejoignent directement les leurs. Vous voulez briser l’isolement, préserver l’autonomie, offrir un continuum de soins et faire vivre ensemble les générations. Les synergies sont nombreuses :

  • vos interventions psychosociales, déjà menées avec l’OHRN et Résonance
  • le soutien à domicile que vous envisagez et le projet de gériatrie sociale de Coup de Main à Domicile, qui mise sur le repérage précoce du déclin chez les aînés pour éviter des soins plus lourds. Avec ses locataires, sa résidence et les organismes qu’elle accueille, la Maison mère serait un lieu tout désigné pour ce genre de repérage
  • vos 91 locataires, qui trouveraient dans un atelier comme celui de l’Ébénisterie une raison de plus de sortir et de créer des liens
  • le CPE L’Éveil des Chérubins aux côtés des Sœurs, qui fait déjà vivre l’intergénérationnel au quotidien.

Pris séparément, ce sont de belles initiatives. Mis ensemble, ils forment un filet complet pour les aînés et le milieu communautaire de la région. La Maison mère peut en devenir le point de rencontre.

MES RÉPONSES À VOS CINQ ATTENTES

1. Phase 2 : j’appuie votre vision, avec une approche différente du financement.
Votre projet rejoint la plateforme Aînés du Parti conservateur du Québec, qui fait du maintien à domicile la priorité nationale en matière de soutien à l’autonomie. Cette plateforme veut aussi favoriser, en complément des CHSLD, des milieux de vie de plus petite taille et des projets issus des communautés, élargir l’hospitalisation et la réadaptation à domicile, et offrir plus de répit aux proches aidants. Votre modèle de continuité des soins, où la même équipe suit la personne tout au long de son parcours, est exactement ce qu’on veut rendre possible.

Je serai franc sur la façon dont nous voulons y arriver : plutôt que de financer la construction, nous voulons financer les personnes. Le financement suit l’aîné. Chaque personne évaluée reçoit une allocation d’autonomie. Elle peut l’utiliser au CLSC, auprès d’une entreprise d’économie sociale, d’un organisme communautaire ou d’un prestataire accrédité. Quand les besoins atteignent le niveau d’un CHSLD, l’aîné peut choisir un milieu d’hébergement accrédité et recevoir une contribution publique pouvant aller jusqu’à ce qu’aurait coûté une place équivalente dans le réseau public. Pour un milieu de vie comme le vôtre, une partie du financement pourrait ainsi découler du choix des personnes que vous servez, plutôt que d’un programme à renégocier chaque année.

Enfin, le milieu d’enseignement que vous prévoyez permettrait à la relève en santé et en services sociaux de se former au contact des aînés, dans un vrai milieu de vie. C’est une excellente idée dans une région qui doit attirer et retenir ses professionnels.

2. Phase 3 : un pôle culturel et patrimonial.
Vous voulez réunir la Société rimouskoise du patrimoine, Culture Bas-Saint-Laurent, l’UQAR et Résonance autour du matrimoine des Sœurs. C’est la même logique de mise en commun que je salue plus haut. Par contre, certains volets, comme la relocalisation des Archives nationales, sont des dossiers que je ne maîtrise pas encore assez pour prendre position. Je préfère vous le dire franchement plutôt que de vous faire une promesse creuse.

3. Une infrastructure sociale de santé publique : oui.
Notre plateforme le reconnaît : les soins et services à domicile améliorent l’autonomie et la qualité de vie, soutiennent les proches et peuvent prévenir des hospitalisations ou des placements évitables. C’est la même logique de prévention que la vôtre. Nous nous engageons à porter à 46,5 millions le nombre annuel d’heures de soins à domicile d’ici 2030. Cela représente environ 6,1 millions d’heures de plus par année, soit 285 M$ de ressources additionnelles en quatrième année du mandat.

4. Casser les silos : c’est notre point d’attaque.
Sur le terrain, la bonne volonté ne manque pas. Coup de Main à Domicile m’a montré avec quelle efficacité on peut répondre aux besoins grandissants des aînés qui veulent rester chez eux, et son projet de gériatrie sociale va dans le même sens que nous : intervenir tôt plutôt que trop tard. Le problème, ce sont les structures et la réglementation qui passent avant les personnes. Nous proposons plusieurs changements :

  • un coordonnateur clairement identifié pour chaque aîné ayant des besoins complexes, pour que la personne et ses proches n’aient plus à naviguer seuls entre les soins, l’aide à domicile, la réadaptation, les organismes communautaires et l’hébergement
  • un financement déterminé par les besoins de la personne, peu importe que le prestataire soit public, communautaire ou privé
  • la publication, région par région, des heures de service réellement livrées
  • un ministre régional doté d’un mandat formel de coordination entre les ministères sur son territoire, pour qu’un projet comme le vôtre, qui touche à la fois la santé, les affaires municipales, la culture et l’enseignement supérieur, ait quelqu’un qui fait travailler ces ministères ensemble.

J’ai aussi visité l’OHRN et rencontré son directeur général, Alain Boulianne. La performance de l’Office et l’état de son parc immobilier sont remarquables. Il m’a fait part de ses demandes pour simplifier la réglementation et lui donner plus d’autonomie dans la gestion de son parc, et je les appuie. Quand un organisme local fait bien son travail, Québec doit lui faire confiance et lui enlever des obstacles, pas lui en ajouter.

5. Une priorité régionale majeure : ce sera à la région d’en décider, et je plaiderai pour.
Nous créerons 17 tables régionales décisionnelles, bâties sur les tables des préfets. Elles fixeront les priorités de chaque région, y compris les infrastructures culturelles, et répartiront certaines enveloppes transférées par Québec. Je plaiderai pour que la Maison mère figure parmi les priorités du Bas-Saint-Laurent.

En toute transparence, mon parti s’est engagé à rétablir l’équilibre budgétaire. Je ne vous promettrai pas un chèque que je ne pourrais pas signer. Je m’engage plutôt à changer les règles pour que des projets comme le vôtre puissent s’appuyer sur le choix des aînés, et à être votre voix à Québec.

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